Carnet de route

Ecole d'Aventure : Des alpinistes en herbe

Le 30/08/2020 par Angélique

6 jeunes bien reposés après deux mois de vacances ont participé à ce dernier mini stage de l’été : Antonella, Mélisse, Soana, Dorian, Ethan et Timothé.

Jeudi matin, on fait connaissance des participants et des encadrants puisqu’on se rencontre pour la première fois et on dit aussi au revoir aux parents pour 2 jours car ce soir on reste en montagne : Oui !!! on dort en refuge !

On rejoint Saint-Véran en transport collectif grâce aux lignes saisonnières : c’est bien pratique pour réduire son empreinte carbone alors qu’on va profiter de la nature. Un rapide changement à Ville-Vieille et nous arrivons à l’entrée de Saint Véran, le village le plus haut perché d’Europe.

On le traverse à pied pour aller au départ de la dernière navette qui va nous approcher encore un peu de notre destination, mais seulement un petit peu car cette année la navette ne va pas jusqu’à la carrière… Ça y est, maintenant c’est tout en rando. Il fait très beau, il fait déjà chaud, on passe l’ancienne mine de cuivre où l’on peut voir encore quelques vestiges puis l’ancienne carrière de marbre et enfin nous prenons un sentier qui grimpe bien. Rapidement, nous apercevons notre objectif du jour : le Rouchon.

Oulala, mais c’est qu’il paraît bien loin ! Mais malgré ça, les petites pattes ne se découragent pas et on progresse bien. Malheureusement, Antonella a un gros problème de chaussure avec une semelle qui se décolle… de plus en plus… les bricolages de Claude tiennent de moins en moins longtemps, les pauses techniques deviennent de plus en plus fréquentes.

Bon de toutes façons, les ventres réclament alors on déballe les pique-niques. La pause est très agréable avec une vue magnifique sur le vallon de l’Aigue Blanche et les deux sommets convoités en ligne de mire : le Rouchon et la Tête des Toillies. Mais il faut se rendre à l’évidence, les chaussures d’Antonella ne feront pas tout ce chemin : il faut rejoindre le refuge au plus vite et résoudre le problème d’ici demain. Malheureusement une grande partie du groupe se laisse tenter par l’après-midi à jouer avec les têtards du lac de la Blanche plutôt que par réattaquer la bonne grimpette. Le Rouchon n’aura qu’un faible succès car seule Soana est super motivée pour aller faire son ascension.

Au final, la marche d’’approche restante sera vite avalée. Tant mieux, nous avons le temps d’aller au sommet comme prévu par la Voie Normale. Alors un bon briefing s’impose pour expliquer comment nous allons grimper : les principes de la corde tendue, la pose des points de protection quand il n’y a pas de spits, le rôle du second qui démonte tout et range les sangles et les coinceurs sur son baudrier… c’est qu’il y en a du matériel !

Je pars en tête, Soana me suit en second. Tout se passe très bien, pas de grandes émotions même si les vires terreuses n’aident pas à prendre confiance pour quelques traversées. Nous parvenons au sommet sans difficultés et profitons un instant du super panorama avec un horizon bien dégagé.

Le refuge de la Blanche apparaît bien loin ; nous ne tardons pas à redescendre, surtout que la désescalade qui n’est pas l’exercice préféré des grimpeurs, sera forcément plus lente que la montée ! 2ème briefing à Soana qui désormais va devoir équiper l’itinéraire puisqu’elle part la première. Elle a pris bien soin d’observer comment j’avais placé les sangles et coinceurs à la montée pour pouvoir faire à l’identique à la descente. Voilà une mise ne pratique on ne peut plus immédiate. Soana se débrouille très bien et réussit à retrouver l’itinéraire, à désescalader sans trop d’appréhension et à protéger la cordée. Une vraie alpiniste en herbe trop heureuse d’avoir gravit le Rouchon.

Nous remballons les sacs et repartons hors sentier pour rejoindre le lointain refuge de la Blanche. Ça descend tout le long, tant mieux car il y a quand même un peu de fatigue.

Tout le groupe nous attend bien joyeux au refuge :

  • Alors ??
  • ben alors on a fait le sommet ! C’était chouette et trop intéressant…

Une bonne douche, un excellent repas avec pleins de légumes, d’épices et de gourmandises ; Encore quelques jeux autour du refuge le temps que Claude aille chercher la nouvelle paire de chaussures d’Antonella apportée jusqu’à la carrière par sa maman. 21h30… Ouf, les chaussures sont récupérées, la journée de demain est sauvée !

Il est l’heure d’aller se coucher et il y aura une belle séance de rigolades et de chatouillis dans le dortoir où les pieds de ceux qui dorment sur la mezzanine dépassent à portée de mains de celles qui dorment sur les lits superposés.

Vendredi : tout le monde a bien dormi et a bon appétit au petit déjeuner. C’est important car l’inverse pourrait vite compromettre une journée d’alpinisme ! Aujourd’hui, nous partons escalader la Tête des Toillies, ce sommet en forme de proue si caractéristique que l’on reconnait facilement de très loin. Si le sommet d’hier restait en-dessous de la barre des 3000m d’altitude, l’objectif du jour doit nous amener à 3175m !

La jolie bande de conquérants avale la montée du Col de la Noire en ridiculisant le temps annoncé sur la pancarte. Dorian, grand fan de géologie, glane des petits cailloux tout au long du chemin car nous sommes dans un lieu peu commun où se mèlent différentes roches volcaniques comme la belle serpentine verte, le gabro et le basalte.

Passé le col, il nous restera peu de distance pour nous retrouver au pied des difficultés, à l’attaque de la voie comme on dit. Nous nous équipons avec baudrier et casque, les cordes et tout plein de matériel : dégaines, sangles et coinceurs… sans oublier gants, bonnet, foulard car il y a du vent et l’altitude a bien rafraîchit l’atmosphère. Les deux cordées sont menées par Claude et Angélique et la Voie Normale est grimpée rapidement. Il y a bien eut quelques appréhensions au départ car on grimpe en chaussures, parce qu’on passe dans des couloirs-cheminées qui ne sont pas habituels mais ce cheminement varié est au final très ludique et cet aspect ravira les jeunes.

Quelle récompense arrivés au sommet, la vue à 360°, l’ultime chevauchée sur la croix, la découverte des livres d’or protégés dans une boite en fer. On les feuillète et on lit quelques récits de précédents conquérants ; il y en a qui datent de 2003. Bien entendu, nous écrivons quelques lignes sur notre passage ce 28 août 2020 en imaginant que chacun reviendra plus tard avec ses parents ou enfants et relira ce souvenir.

Nous nous sentons un peu pressé par la couleur du ciel qui s’assombrit et l’horizon noir nous confirme que la dégradation arrive. Nous aurons le temps de désescalader et de revenir jusqu’au refuge en ne prenant qu’une petite averse. Nous nous mettons à l’abri dans le refuge pour faire une bonne pause casse-croute. Mais sur le sentier qui nous ramène vers la navette, nous prenons cette fois une grosse averse. Nous sommes trempés et nous profitons d’une petite heure d’avance pour boire un chocolat bien chaud à Saint Véran.

Dans le bus du retour, nous rêvons de douche chaude, de repas bien reconstituant et d’une bonne nuit. Demain, la météo est affreuse, chouette, ça va être repos !

Dimanche, on ne pourra pas faire canyon car il a tellement plut vendredi et samedi que les débits d’eau sont trop importants et les canyons doivent être encombrés de blocs de pierre ou d’arbres qui doivent être purgés. On fera de la via ferrata et pour être certains d’avoir une belle météo toute la journée et un rocher séché, nous allons à la Grande Fistoire au Caire.

Certes le niveau de ce parcours est assez difficile mais il y a de nombreux équipements peu courants et très ludiques : pont et tyroliennes notamment.

On déambule dans des parois très verticales, très hautes où il y a beaucoup de vide et d’ambiance. De nombreux passages déversants nécessitent de sortir les muscles mais parfois c’est l’inverse, les dalles inclinées impressionnent nos jeunes aventuriers : il n’y a pas de barreaux pour les mains et il faut poser les mains sur le rocher pour s’équilibrer.

Le temps passe vite et nous devons prendre une échappatoire pour écourter le parcours. Tant pis, nous terminons quand même par les trois grandes tyroliennes qui nous donnent un peu d’émotions.

Dans la voiture, les conversations tournent autour du programme de l’année prochaine car nos alpinistes en herbe ont soif de découverte et redemandent de l’aventure.

CLUB ALPIN FRANCAIS GUILLESTROIS
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