Carnet de route

La Grande Ruine

Le 07/04/2020 par Angélique

C'était il y a un an, départ dimanche 7 avril 2019 pour 3 jours en haute montagne.

Faire quoi ? Ben, on monte là-haut, on observera et on s'adaptera ! La météo a été assez froide ces jours derniers et le temps bien instable : il a neigé régulièrement en altitude, les conditions doivent être bonnes mais la vigilance sera de rigueur. Un joli créneau météo est annoncé pour lundi et mardi, il faut tenter le coup.

Le projet est assez flou, la barre un peu haute en termes de difficultés, il faut porter le matos de glacier… Il n’y a que Baptiste qui relève le challenge.

Départ dimanche matin sans trop se presser. Aujourd'hui, la météo doit rester bien maussade avec son lot de nuages de de petites précipitations. L'objectif est de monter au refuge d'Adèle Planchard. Va falloir être patient : 12km et 1600m de D+. On s’arrête au Refuge de l’Alpe en passant, faire un coucou et s’enquérir des conditions ; le moral est bon, c’est la 1ère fois qu’on monte à Adèle et on ignore un peu ce qu’il nous attend. Quand on passe Valfourche, on a fait moitié de la distance mais seulement 300m de D+. On poursuit par la Plate des Agneaux… comme son nom l’indique, bien plate ! et il faut attendre d’être à l’aplomb du refuge, soit 10km après le parking pour que ça monte enfin… mais alors ce coup-ci, bien sérieusement. Belle épreuve, sachant que l’iso monte lui aussi fortement et que nous sommes dans les nuages : ambiance ouatée bien moite.

Belle récompense en arrivant au refuge, qq éclaircies commencent à percer. L’accueil de la gardienne est très sympa, son repas bien reconstituant mais nous ne sommes pas bien nombreux, l’ambiance restera frisquette et les chaussettes humides…

Lundi matin, comme prévu, comme espéré, comme dans les belles histoires, le ciel est d’une magnifique limpidité. Le soleil illumine déjà les hauts sommets alentours, et ils sont nombreux. Subsiste juste une mer de nuages très esthétique au fond des vallées. Notre objectif est d’aller à la Grande Ruine et d’enchainer ensuite sur le tour. Un petit groupe est parti devant, la trace est faite. La distance est courte, peu de D+ également. Nous arrivons rapidement au pied du sommet rocheux que nous décidons de gravir. Il faut contourner un petit éperon rocheux peu protégeable puis remonter un couloir de neige, nous atteignons le sommet à 9h30. Le panorama est d’une beauté saisissante, tant de sommets mythiques si proches, nous profitons de cette vue époustouflante. Nous désescaladons jusqu’à la brèche et rechaussons les skis pour dévaler le glacier et rejoindre le Col des Neiges. L’A/R au sommet a pris du temps, il est déjà tard et malheureusement la belle poudre de ce matin et désormais collante, le ski est bien physique. Séance rappel sous le Col des Neiges puis remontée au Col de la Casse Déserte dans une ambiance très chaude. Fallait profiter de cette douceur, de l’autre côté du col, c’est le congélateur. Nous désecaladons avec précaution dans un mixte peu remplit afin d’aller rechausser les skis sur le Glacier de la Grande Ruine où l’exercice sera fastidieux dans une poudre froide très profonde. Mais alors quelle descente ! 1200m de pur plaisir, tout d’abord dans une poudreuse de cinéma, à venir effleurer les séracs émergents, une pente régulière, flirtant avec les 30° jusqu’au fond du vallon des Etançons… whaou, ça calme, on ne se fait pas prier pour poser nos sacs refuge du Chatelleret… encore plus désert qu’Adèle la veille.

Mardi matin, départ de bonne heure ; on doit quasiment faire le chemin d’hier en sens inverse pour franchir le Col de la Grande Ruine : même versant baigné par l'ombre et la froideur, 1000m de pente régulière et soutenue et du brassage de poudre, ça promet ! Hier, on a bien eu le temps d’observer notre itinéraire de ce matin, aucune trace…

L’effort est intense, le froid piquant et Baptiste nous sauvera la boucle en traçant seul les 250 derniers mètres : brassage profond mais surtout maudit soit mon gout pour la légèreté et ces crampons alu qui n’assurent aucun de mes pas sur ce fond glacé. Nous débouchons au col avec une ultime dernière bonne surprise… aucun skieur n’est venu jusqu’ici, notre descente sur le Glacier du Clot des Cavales est vierge, en poudre immaculée. C’est parti pour 600m d’ivresse jubilatoire. Seuls dans cette immensité, réduits au rang de poussière au pied de l’imposant Pic Maître et face aux somptueux Pic Gaspard et Pavé… Au niveau de la moraine, la neige se fait plus lourde et la fatigue commence à pointer. Il reste encore 600m pour rejoindre Valfourche, le ski va devenir plus physique et parfois acrobatique. On savoure cette dernière belle ligne droite. Puis revoilà le plat, on pousse, on repeaute pour atteindre le refuge de l’Alpe, on repousse et un dernier passage bien skiant nous amène facilement au parking d’été. Par chance, les pistes de fond sont encore bien enneigées jusqu’à la voiture.

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