Carnet de route

Virée au Paradis

Le 18/05/2014 par Angélique Gravier

Virée au Paradis

Le planning prévisionnel des sorties affiché dans la cuisine depuis plus de 6 mois était surligné : en mai, nous irons faire notre premier 4000 à ski : le Grand Paradis !

Assidus tout au long de la saison, nous espérons bien être en forme pour passer du rêve à la réalité. A chaque rando, nous jetons un œil inquiet vers le nord, histoire de deviner où est ce fameux sommet et imaginer cette course.

Excellente nouvelle à quelques jours de la sortie, Emmanuel confirme que la météo sera avec nous.

Reste à faire notre sac avec piolet, crampons (les vrais, les lourds), baudrier, ferrailles, vêtements chauds, ravitaillement pour 2 jours et de quoi passer une nuit en refuge… en respectant la consigne « léger » car en plus du dénivelé, il y aura du portage : un vrai challenge.

Samedi 6h00, nous roulons en direction du val d’Aoste. Une pause café italien s’impose mais courte car on est impatient.

10h30, on est prêt à partir, skis sur le sac ; Tiens, qui porte les cordes ? Et c’est parti pour 600 mètres de portage sur un magnifique sentier pavé et bordé de pierres sèches, nos deux compères du parc du Queyras n’en reviennent pas : ils sont fous ces romains !

12h30 : Pause casse-croute ? Et bien non, on chausse les skis. Nous ne sommes plus très loin du refuge. Le panorama s’ouvre devant nous et nous avons juste le temps d’apercevoir l’objectif du lendemain car le ciel se couvre soudainement.

Ça y est, nous sommes au refuge Chabod, repas et repos mérités : une bonne bière et hop, une sieste. Trêve de plaisanterie, demain on évoluera sur glacier alors nous allons réviser un peu de techniques : Mouflage et ski encordés, montée et descente ; On espère bien ne pas en avoir besoin le lendemain !

Il neigeote en fin d’après-midi, on se réfugie au chaud où un bon repas à l’italienne nous attend : des pâtes dès l’entrée ça, c’est bon pour les cuisses… Un petit remontant à la fin du repas et hop, au lit à 21h.

Dimanche 4h45, une bonne nuit et le ciel clair laissent présager une belle journée. Le petit déjeuner est copieux, ça devrait bien se passer. Il y a du monde au refuge, ça s’agite dans tous les sens.

5h45, nous sommes prêts au départ. Emmanuel nous guide en dehors de la trace classique très fréquentée. Nous profitons ainsi du lever du jour dans la solitude la plus totale. Les quelques centimètres de neige tombés dans la nuit ont rendu l’immensité vierge. Autour de nous, les sommets s’éclairent petit à petit, le Mont-Blanc apparaît. Nous progressons doucement en direction de l’impressionnante face Nord du Grand Paradis. Il y a de l’ambiance.

Nous prenons pied sur le glacier de Laveciau qui est relativement crevassé. Toutefois, comme la trace est très parcourue, nous ne nous encordons pas. Nous serpentons alors doucement entre les séracs dans l’ombre de la grande face Nord. Parfois, Emmanuel met un coup d’accélérateur pour doubler les cordées que nous rattrapons : pff, on commence à sentir l’effet de l’altitude.

Enfin, le soleil nous accueille en franchissant une épaule, bon pas que lui, car en rejoignant la voie normale, on retrouve aussi des randonneurs un peu partout. Il nous reste environ 200 mètres, nous tenons le bon bout mais il nous faudra encore beaucoup d’énergie et de courage pour atteindre les 4000 mètres.

Cette fois, c’est le col. On laisse les skis pour les 20 derniers mètres d’arête sommitale. Il y a du gaz, il y a du monde, on se croise sur l’arête. L’ambiance est aérienne et bien qu’encordés, certains petits kikis ne franchiront pas les derniers mètres permettant de rejoindre la vierge. Le panorama est grandiose, nous contemplons les Alpes du Viso au Mont Rose en passant par les Ecrins, la Vanoise, le Mont-Blanc, le Cervin. La mer de nuages gagne rapidement et ne laisse bientôt dépasser que les sommets mythiques.

Il est temps de redescendre pour ne pas risquer un jour blanc. La neige est un peu trafolée et soufflée sous le sommet mais nous trouvons rapidement une neige revenue à point. Nous profitons pleinement de nos 1650 mètres de dénivelé négatif sous un soleil radieux. Un bon pique-nique au milieu de l’immense moraine du glacier du Grand Paradis nous permet de recharger les batteries pour terminer par 450 mètres de portage. Le retour est silencieux, la tête pleine de moments magiques et de souvenirs exquis.

Angélique

 






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